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HISTOIRE

D E

FRANCE.

HISTOIRE

D E

FRANCE

Dzpuis l'Etablissement de la

Monarchie jusqv^av récite

DE Lovis XIF.

ïar M. VittAHiT ^ Secrétaire it Noâeignciirs le» Pain Je France.

TOME (lUATORZIEME.

le prix > I liv.reUét

Chez Dis AiNT & Saillant, rue Saint Jean de Beauvais, vis-à-vis le Coilcge,

M. DCC. L-XIV. y A¥€C ApyrobMM & Prmlifc dis Jl^k

HISTOIRE

D E

FRANCE.

CHARLES FI.

El étoit le trifte ctat de la France qu'il ne pouvoit plus furvenir aucun chan- gement qui ne devint la fource de nouvelles calamités. La conftitution des fociétés & celle du corps humain fe reffemblent : dans les maladies aiguës il n y a point d'agitation qui ne produife un re- doublement de douleurs. La plu- part des villes 5 telles que Péron- ne , Laon , Soldons , Compiegne , Noyon , entraînées par la réduàion Tome XIF. A

Ann. 1418.

Réduaioft de pluiîeurs villes au duc de Bourgo- ^ gne.

MonftrtUu Juvenal des Vrfins,

ChroH. de France. S,Remy,&c,

1 Histoire i>b Frakcb, de Paris au pouvoir du duc de Amr. His» fiourgogne y ie déclarèrent pour ce prince » arborèrent Técharpe rouge & la croix de faint André. La fen- tence de condamnation prononcée contre l'apologie de Jean Petit ^ fut révoquée en préfence de l'uni- verfîté. Troj) de gen« étoient intc^ reffcs à légitimer le meurtre , pour ne pas fe déclarer protedeurs de cette dodtrine impie. Les excôqi- muniçations lancées contre les Bour- guignons furent rétorquées contre leurs adver&ires : ces armes étoienc toujours celles du parti victorieux. Les chaînes de Paris furent remifes en place ; on reftitua les armes que le comte d'Armagnac avoir enlevées aux habitans. Enfin le duc de BouC'- gogne n'oublia rieti de tout ce qui. pouvoit lui concilier l'affeétion a^ Parifiens. Il étoic de plus appuyé par les légats du pape » dont le crédit , îhfluoK beaucoup fur runiverfité>^ oi^Ci que fur le parlement , par l'ei^

Soir d'obtenir des grâces de la cour e Rome, ïj^uïtac* Quelques mois avant que de fe î?racnr" ori- i«ndre à Conftance pour l'ouvermre çine i cp 4u coijicilç , J^eap aXIU avoit par

CharxesVI. I

«ne balle expreiTe accordé au roi k faculté de nommer aux bénéfi- a^, 1411. ces de France & du Dauphiné qua- tre-vingt-dix ma^ftracs du parlement de Paris ; ou tels auçres qu'il }«ge- roit à propos de fubftituer à leur ^la'ce. Cette bulle 6c les lettres- pa- , ^^fi- -^ tentes du roi adreilces en conle-yo/f ipj.^^, quence à deux préfidens de ta cour. Recueil da pour propofer les fujets., forment ^''^^"'*^'**^"* ïe premier monument autentique du droit d'induit , dont |ouit encore de nos jouts le parlemfent. L'originef de ce droit cft toutefois bien anté- rieure à cette conceflîon. Les ponti- loxVwcZ^* fes Romains , vers la fin dd XUI fié- ^"^^'^''^ cle , s'étant réfervé la collation de plufieurs bénéfices , accordèrent fou- vént des mandats aux officiers du parlement, fui? la recomniendation de cette compagnie. 11 exifte encore Paffuieri nn rôle de ces nominations du règne de Philippe le Bel. Les troubles qui agitèrent fi long-tems le royaume , les cohteftations au fujet des liber- DuTilUti tés de notre églife , attaquées fans relâche par lei prétentions de la cour de Kome , empêchèrent ce droit d'acquérir une e:!^écution confiante & perpétuelle. Ce ne fiit que fous

Aij

4 Histoire France.' le pontificat de Paul ïll , que Jac-^ A»N. 141 «• queg Spifame , confeiller au parle- ment, député à la conférence tenue à Nice , entre le pape & François I ^ objcint en'jfin la confirmation de ce privilège.

Tous les officiers du parlement * peuvent, en vertu de cette concef- îîon , s'ils font clercs , fe faire pour- voir eux ^ mêmes , finon préfenter un eccléfiaftique capable d'être pour- vu du premier bénéfice vacant dans le diocèfe fur lequel l'induit eft af- iîgné. Autrefois le parlement en- vojroit le rôle au pape, mais de- puis la bulle de Paul III , il ne s'adreflTe plus direftement qu'au roi , qui par fes lettres mande au col^- lateur ou patron de conférer au fujet nommé le premier bénéfice vacant a fa difpofition. On obfervera qu'au- cun collateur ne peut être chargé que d'un feul induit pendant toue

a Les mtLp^Hs qui jouident de i*mdult font le chancelier , le garde des fceaux , ( lorfc^ue ces deux charges ne font point diyifees , te chancelier gar- de des fceaux a deux nominations ) les préfidens » les maîtres des requêtes , les confeillers des différen- tes chambres du parlement , les gens du roi , les greffiers en chef, les quatre notaires ou fècrécH- tes de la cour y le prenûçr huiifîer ^ le payeuc 4ç$ fagcs.

C H A' It t E s VI. , f

le tems de fa vie. La connoiflànce

des affaires relatives à l'induit eft 5 Ann.i4k«*

ainiî que les. autres matières béné->*

ficiales , attribuée au grand confeil »

privativement à toute autre jurif-

diâion. ii Le- pape , dit Pafquier ^

accorda cet induit au parlemear ^

» afin que par cette manière de gra-

^.tification la cour, s'oppofât plus

S) il fouvent aux annates ôc autres

» pernicieufes coutumes que le pape

a> levoit fur le clergé , chofe que la

j> cour de parlement ne vpuloit au-^

cimemcnt jeceVoir*

11 ne paroît pas toutefois que le Révocation parlement ait été pour lors f^^^uit eccicfiam "^* par cette munificence de la cour ques. Romaine. Le roi donna cette année ^'^j^^*^ une déclaration dérogatoire à des lettres antérieures qui affuroient les libertés de l'églife gallicane. Cette démarche du gouvernement étoit mandiée par le cardinal des Urfîns > légat du fainr fiége. Le duc de Bout-»- gogne Tappuyoit de toute fon auto* rite. Le proçiureur-général s oppofa formellement i la vérification. Le comte de faint Paul , gouverneur de Paris , vint fignifier a la cour que l'intention du roi ôc du duc de Bour«

Aiij

( HlSTOIRF 9£:pRANCfi*

gogne étoit ^'on procédât à Tett- Anm. 1418. regiftrement j ce qui fut refufc après

Î^ludeurs délibérations. Le chance-r ier, qui avoit fcellé ces lettres de révocation y allégua pour excofes qu'il ne les avoit confiées aux évê* ques de Langres Se de Bayeux , qu'à condition d'exiger du pontife , avant que de les lui remettre, une pro- meflTe d'établir (a réfidence dan» Avignon. Après plufieurs comman* démens & refus réitérés , le comte de faint Paul fe rendit au parlement il fit regiftrec & publier la décla»- ration en la préfence. La cour , dès qu'il fut forti , manda le greffier y Se protefta contre cet aâe d'au* torité. _it dauphin Cependant le dauphin ayant fé- Bwry^enfuîî joumé quelque tems à Melun , fe "j Poitiers, rendit à Bourges , bientôt il fut joint par une infinité de nobleffe

3ui venoit^ en foule fe ranger près e lui. Outre les officiers qui lui «toient perfonnellement attachés ^ tous ceux que l'efprit de parti n'a- voit point infedes reconnoiflbient en lui l'héritier unique du fceptre^^ dont les droits réfidoient dans fa perfonne , attendu l'inhabileté du

CU AKtt $ VI. 7

înonarque. Il prit hautement h qua- ^ ' "1

litc de régent > qu'il fubftitua au Ai«.r4»** tiare de lieutenant-général de l'état dont fon père l'avoit revêctl* Il inf- titua un chancelier & un Darlement, qui fut i^n partie compoié des ma-^ ^ftrata échappés au maflàcte de Pa- ris. Cette cour fut peu de tems après transférée à Poitiers. La chambre d^s comptes établie dans te même tems à Bourges Continua d'y réfider jafqu'i la mort de Charles VI , & pen^m les premières années du règne liiivant. La reine Se le duc de Bout- gogne folliciterent vainement le dau- phin de revenir. On propofa de lui envoyer la dauphine dans l'efpérance de le gagner par cette marque d'at- tention ; mais éclairé f^r les con- feils de fes plus fidèles ferviteurs, il perfifta dans fa réfolution. On

F rétendit que fon retour auroit fauve état, en réunilfàm toutes les forces du royaume contre les^ ennemis corn?- muns. Pour admettre ou rejetter une pareille fuppofition , il ne faut que nommer le prince qui pour lors étoit l'arbitre du gouvernement : pouvoit- on fe fier aux promefles du duc de Bourgogne ?

A iv

s HfsToiRi DE France.'

Ces foUicitarions ne fufpendoient Amn. mi«. pas le cours des hoftilités : la guerre JJjJ'j^Jl^^^J' continiu , quoiquavec des forces iiuûion de devenues bien inégales , depuis que ^^""^ le duc de Bourgogne difpofoit de rautorité fuprème. Mèlun & Meaux jétoient prefque les feules places côn- fidérabies qui tinfrent encore pour le dauphin dans les environs de Tifle de France. Les Bourguignons s'em- parèrent de Coucy par la trahifoa d'une fille qu'entretenoit le gou- verneur Pierre de Xaimrailles. La garnifon obligée de fe retirer choi- .fit pour chek EJiienru VignolUs ^ dit Lahire , & Poion de Xaintrailles. Ces deux guerriers , qui dans la fuite fe rendirent fi célèbres , firent dès- lors le premier eCTai de leur courage , en attaquant à la tête de quarante lances , & mettant en fuite*le feigneur de Longueval qui commandoit quatre cens hommes d'armes. A quelques jours de ils remportèrent un pa- reil avantage fur un corps de deux mille hommes conduits par Saveufe» Les villes de Soiflbns & de Com-

Îiegne furent prifes & faccagées^ )ans rOrléanois, la Trémoille fut contraint , pour faire Içver le fiége

Ch a rl 1 s VI. 9

de Sully , de mettre en liberté 1 evê- que de Chartres , Martin Gouge ^ Amh. m»*» ancien miniftre , ennemi juré du duc de Bourgogne. Le dauphin vint çnfuite aiïîéger Tours , que Charles Labbé , gentilhomme Breton , ren- dit incontinent.

Le duc de Bretagne étoit venu à i^« cfuc «fe Paris dans l'intention de fe rertdre tremcHÎi*ud^ médiateur. Ses foins réunis à ceux }^?^ P°^ des légats du faint fié^e , détermi- ^ibù, nerent enfin le dauphin & le duc ^'^g^'^'ri.

j -. \ * 1 « Nouvelle

de Bourgogne a nommer de part 8c hijioirc de

d'autre aes miniftres pour régler les ^^^'^^

conditions d'un accommodement.

Le projet fut rédigé : la reine & le

duc de Bourgogne l'agréèrent : le

peuple reçut avec des tranfports de

joie inexprimables l'efpérance d'une

paix qui paroifToit fi prochaine. Pour,

engager le dauphin i l'accepter , le

duc de Bretagne l'alla trouver à An*

gers, conduifant avec lui la dau-

Éûne , qui depuis les derniers trou« es avoit été retenue dans une ef- !»éce de captivité. La plupart, des eigneurs attachés au dauphin rejet* terent un traité qui laiflbit toujours le duc de Bourgogne en partage du pouvoir fuprème. Le duc de Bre»-

Av

lo Histoire de Finance.

tagîïe motrifié d'avoir échoué dàup

Aj^m. 141 j. \^ négociation d'une paix , qu'il re- gardoic comme fon ouvrage , revint a Paris porter ces triftes nouvelles ^ de quelques [ours après il reprit la route de fes états»

tc^roîd'An- Tout cédoit cepencknt aux afmes St^fM^a^rviâorieufes des AngloK : k terreur

quctcs en cMi'îis înfpipoient lerabloit avoir en-^

Normandie. \ a <^ 1 V- r\ 1

jkid. chaîne la rormne. Çkt croiroit quel- Tà^w" ^ quefois , au récit des événemens /?yiii.\ï^. rapportés parles auteurs contenvpo^ ^- a , rams , lire la relation d^s prémie- res- expéditions des Européen t dan» l'Amérique. CornouaUles , capitaine Anglois , fiâvi feulement de foixan- te ^mmesjtraverfa la Seine en plein jour au-derfus du Pont de l'Arcfre ^ ^ la vue de Graville qui bordoit la nve oppofée avec huit cens hom- mes d'armes & douze mille hom- -mes de milice. A peine fut^il à la portée du trait, q^ie^'CravlUe prit' honteufement la fuite , fans même ofer entreprendre de djfputer la def- cente à cette poignée (^ennemis* Coraouailles fit dire au comman- ^ dant François cjue fi la garde d'un pareil pofte lui avoir été confiée , il auroit fçu s y défendre avec fes.

Toixante hommes contre les forces réunies des rois de France ic d'An* ^^^ h»*» gfeterrc. De femWables faits , s'ils ne font point exagérés , tiennent da prodige. Cette lâcheté , ou pltrtôt cette trahîfon , entraîna la. perte du Piont de PArdve. Cherbourg , après^ trois mois de fiége , venoit de capi- tuler avec le duc de Lancaftre^

Henri maître de prefoue toute Henri iflîéfp Normandie vint fur la nn du mois *^ /^i^l d'août inveftir la capitale de cette province. Les habîtans préparés à cet événement , fe difpoferent à Élire une vigoureufe réfiftance , ne doutant pas que le duc de Bour- gogne , qui dc;a leur avoir envoyé quelques troupes , n^employâr toutes fcs forces pour les garantir du joug des Anglois. Ils fe hâtèrent de don- ner avis à ce prince de l'approche dis ennemis r leurs députés revin- rent avec tes afliirances res plus pré- cifes d'tm fecours prochain.

Le lîége de Rouen répandit la SolOcfratJwff conftemation dans Paris , & panit ^" 5'/,^^™;^! faire oublier tout antre intérêt que ^ens pour ic celui de confervei cette place im-^^Mn. ^ portante par fa (ttuation , & par les Ji^'^- relations de commerce qu'elfe en-^^/f^^ *

A v)

iz Histoire de France. treteiîoit avec toutes les provinces Am. 1418. du royaume. Le parlement s'aflem- bla extraordinairement : Tuniverfité^ ics principaux bourgeois s'y rendi- rent. On qéputa des magiftfats char- 5;és de fupplier le roi de pourvoir à a fureté de la ville de Paris, ainfî qu'aux moyens de fecourir celle de Rouen. On répondit aux députés que c'étoit l'intention de S. M. Sc du duc de Bourgogne , en ajoutant que leur départ n'avoit d'autre but que d'y veiller avec plus d'efficacité:. La cour effedbivement ibrtit de Pa.- ris pour fe tendre à Pontoife : mais la crainte de la contagion & le défir de fe débarrafler de remontrances importunes y avoient plus de part à ce voyage que le motif fpécieux dont on prétendoit le colorer.. Les aides abolies pour la forme y avoient été prefque aulTî-tôt rétablies ^ fous prétexte de fournir aux frais de la guerre. Le danger de Rouen fut mi motif de plus pour impofer une contribution générale , que les peu- ples acquittèrent fans murmurer , comptant fur les promefles réitérées du duc de Bourgogne. Pour fe con- vaincre de fbn peu de .finc^érité ^ il

Charles VI. ij

ne faut que fuivre fes démarches pendant le refte de cette année & Anh. 14a. une partie de la fui vante.

Ce prince , qui peu de tems aupa- . ^^^^^^ ravant , s'étoit montré à la tête de Bourgogne, foixante mille combattans , lorfqu'il $'agiflblt d'attaquer fa patrie & fou fouverain , devenu maître ahfolu du gouvernement , diîpofaut des forces & des fiqances de letat , ne put |a^ mais raffémbler un corps de<rou^ pes capable de retarder les opéra- tions du roi d'Angleterre qui at- fiégeoit Rouen avec moins de vingt mille hommes» Chargé de la d«- fenfe du royaume > il parut borner toute fon attention à conferver la capitale & les villes qui tenoienc contre le parti du dauphin. Ses txou- pes difperfées faifoient ce qu'on ap-

Eelle la petite guerre , & afiamoient aris» Si dans toutes les occafions il n'avoit pas donné des preuves de valeur & d'expérience militaire > on auroit pu attribuer à défaut de cou- rte une inadion fi honteufe : mais ce n'eft pas dans un pareil motif qu'il faut en chercher la caufe : la pofition dans laquelle il fe trouvoit lai en faifoit une loi. |I1 eÛL certain:

14 HisTomE DE Francs^ que depuis la révolurion qui zvcfit Ami. 141t. rerais en fon pouvoir le monarque & les rênes de l'ctat , il n'ctoit plus de fon intérêt que le roi d'Angle- terre , dont il Gonnoiflôit les pré- tentions ambitieufes , fe rendît trop putflant. La conquête de la Nor- mandie fembloit préfager celle du royaume entier. Pour peu que le duc de Bourgogne portât fes vue$ dans l'avenir , 11 avoir totit à crain- dre du conquérant r cette confidé- ration étoit plus que fuflSfante pour l'engager à s'oppofêr à fes^ progrès. D'un autre côte , le dauphin envi- ronné des créatures de la maifon d'Orleans.ne lui caufoit pas de moins vives allarmes. Il ne pouvoir agir contre les ennemis de la monarchie , fans laiflèr le champ libre à fes en- nemis perfonnefs ; Se pour confer^ ver fon avantage fur ces derniers , il falloir néceflàirement qu'il aban- donnât la défenfe de fa patrie. Ce fiit à cette dernière réfblurion qu'il s'arrêta. H y étoit d'ailleurs déter- miné par une raifbn pltis puifïanre que toutes celles qu'on vient de rap-

{>orter. C'éroir Tappréhenfion que e roi d'Angleterre ceflant de le

C H A R IB & VI. IJ

ménager, n'achevât de le couvrir ^

d Ignominie en rendant public le Amfci4tfc oaité fecret de Calais. C'eft ainfi que ce prince ccnipable ^ à force de manèges 8c de détours infidieux , étoit enfin parvenu à s'envelopper lui-même d^s les pièges â&àtdcteC- table politique-

Pour (àuver da meâns les appa- ^ vi^o^ rences , il chaîna le cardinal des^'^'j^ Urfîns d'entanïer une négociation dont il n'efpcroit aucun fruit.. Le monarcjue Anglois , dit Juvenal , répondit au prélat médiateur, f«e/f ienaie Dieu Pavoït infpiré &^ donne volonté de yenir en ce royaume^ pour châtier les ffAjtts y S^ pour en avoir la feigneurie comme vrai iw; & qme toutes les caufes pour kfquclhs «/f royaume fe dtvoit transférer en amrf main oupetfonrtey y regnoient & s* y faifoient ; & que c^étoit le plàijir du binait Dieu , que en fa perfonnt ta tranflation fe fity & d'avoir poffef" fion du royaume y & qu^il y avoir ^ droit. S'il eft vrai que Henri ait tenu ce propos , on doit préfiimer qu'il ne donna pas au cardinal commif- fion de divulguer un trait de fierté qui ne s'accordoit pas avec fes vues.

i^ Histoire be Francs. : Loin de manifefter fes projets y on AuM. ï4i«. le voyoit fans cefle entretenir fes ennemis dans l'efpérance d'un ac- commodement prochain y qu'il trou- voit toujours ïe fecret d éluder. Les aâ:es publics font les monumens les plus inconteftables de ceue conduite artificieufe. LecUopiùn , Henri concercoit toutes fes mefii- Paîuancc du res avec la plus exadbe préçifion^ roi d'Angfe- nulle citconftance n'échappoit a fa Jhid. pénétration. 11 prevoyoït tout & ne J^apin de perdoit pas un inftant : il écoutoic iiym. aa, toutes les propolKions , comme s il /^ n'eût défirc que la paix : il pourfui-

voit fes conquêtes avec l'ardeur in- fatigable d'un jwrince qui ne refpire que la guerre : il combattoit , il né« gocioit en même-tems. Convaincu qu'il ctoit redevable des ménage-, mens que le duc de Bourgogne con* fervoit avec lui , à la crainte feule qu'il lui infpiroit , il effaya de l'au- gmenter en paroiflànt fe prêter aux offres d'une alliance particulière y fur laquelle le dauphin Tavoît fait preflèntir. Il nomma quatorze per- fonnes pour traiter avec les députés de ce prince i la conférence fe tint à Alençon» Jamais les ambailkdeurs

Charles VI. 17 du daaphin ne purent arracher des ! miniftres Anglois une explication An». 141S. nette & précife des prétentions de. , leur maître. Aux conditions du traité de Bretigny , qu'ils appelloient la grande paix y ils prctendoient qii'on ajoutât la ceffion^de la Normandie. Ils demandèrent les jours fuivans le Poitou , la Touraine , la Flan- dres. Toutes les provinces de France paroiflbient à peine devoir foflSre à leur avidité. La conclufion de ces demandes exorbitantes fut que le dauphin , qui ne difpofoit pas de la dixième partie de ces provinces , donnât des furetés valaoles potu: l'exécution d'unaccpmmodement im- pratiquable. Les plénipotentiaires François^ excédés de tant de diffi- cultés , répondirent qu'il étoit inu- tile de traiter fur la manière d'exé- cuter des conditions dont les An-* glois ne vouloietit pas même conve- nir» La rupture du congrès n'empc- cha pas le dauphin d'eflfayer une nouvelle tentative auprès du roi d'Angleterre. Il lui écrivit dans le deflèin de l'engager à une entrevue. Henri ^ occupe pour lors au fiége de

du pom l'Arche, ibid.

iS Histoire de France. Rouen, remit cette conférence aptéf Aiw. 141S. la réduâion de place. "^

confSreaces Tandis que TAnglois entretenoît ^ ces liaifons avec le dauphin , uni-

Îuement dans la vue d'inquiéter le uc de Bourgogne & le confeil du roi \ les amballadeurs des deux cours dp France & d'Angleterre s'étoient aflfemblés au Pont de l'Arche. Le cardinal des Urfins y remplit , pour la dernière fois , les fbnékions de pacificateur. 11 préfenta au roi d'An- gleterre le portrait de la princelïe Catherine. Le fier monarque j^rut charmé : mais cette impreffion ne rengagea pas à modérer la hauteur de les demandes. Une conteftation fur l'idiome dans lequel ort rcdi- geroit les aftes , ne fervit qu'à pro- longer & faire échouer la négocia- tion. Un obftacle invincible , pro- duit par un fi firivole prétexte , prou- \pit manifeftement qu'on n'avoir deflein que de s'amufer de part Se d'autre. «^ Cependant la ville de Rouen y inveftie depuis quatre mois, fe trou- voit réduite aux' plus déplorables ex- trémités. Ce fiége eft fans contredit

Sîlge Rouen. Ibid.

C H A ELIS VI. IJ

Tan des plus mémorables de notre i hKbire. Les habitans fignalerent pat AiiM.i4it* des prodiges de zèle leur courage & leur fidélité : s'ils n-avoient pas éié trahis , Henri auroit vu échouer fa fortone devant leurs remparts. Ils avoient brûlé leurs fauxboures avant que les ennemis eulient fait les ap- proches de la place. Dès le com-^ mencement du fiége les Anglois s^étoient emparés du fort de Sainte- Catherine i peu de tems après , la prife de Caudebec acheva de les rendre maîtres de tous les paffages de la Seine , qu'ils fermèrent entié*- rement avec un triple rang de chaî- nes de fer j le premier fufpendu dans le fleuve mcme , le fécond à fleur d'eau , le dernier à deux pieds d'élé* vation. Les vivres manquèrent pref-*' qu aufiî-tôt que la navigation fut in- terrompue. Les ennemis ne s*étoient rendus devant Rouen que vers la fin du mois d'août , Se dès le mois doftobre la famine regnoit déjà dans la ville. Guy Bouteiller , gou- verneur , établi par le parti Bour- guignon 5 avoir aofolument négligé les précautions néceflàires , foit pour Tapprovifionnement , foit pour k

lo Histoire de pRAiteE. fureté de la place. Tome fa am^

Amk. 14^. duite ae fervit qu'à découvrir en lai un traître , dès long-tems vendu au roi d'Angleterre. Ce fut toujours par lui que ce prince fut inforoié des réfoiutions^ qui fe prenoienc dans la ville.

Idem. ibid. Henri pour infpirer la terreur fit menacer les habitans de les exter- miner , s'ils s'opiniâtroient à fe défendre. Bientôt pKaflànt des mena- ces aux effets , on dredà par fes or- dres y autour de la ville , des poten* ces auxquelles on attàchoit les pri-* fonniers de guerre. Ces menaces & ces exécutions , plus dignes d'un chef de barbares que d'un prince généreux , excitèrent , non la crain- te , mais l'indignation. On fit de fréquentes forties. Les intrépide» Rouennois portèrent plus d'une fois l'allarme julqu'aux tentes du monar-

3ue Anglois. Leur artillerie fou- royoit le camp , tandis que celle Aqs ennemis renverfoit leurs murail- les. Les brèches écoient réparées avec une promptitude inconcevable. Tou- tes les machines , dont alors on pof- fédoit Tinvention , furent mifes en ufage de part & d'autre j baliftes.

CtfARLES VI. 2F

gciotes y bombardes , canons. On a I

pu voir précédemment Texplication Ann. r4if.

de ces inttrumens meurtriers. Les

boulets des armes à feu étoient de^

pierre.

On étoit à la fin de novembre Se Extrémité le fiége n'étoit guéres plus avancé^"yj,^^*** que dan^ le mois d*aoûr. Le roi ^y^- «^• d'Angleterre comptant fur les intel-^^r. j!*^ ^ Ugences qu'il entretenoit dans la place , informé de plus de la fima- dpn àes habitans , commençoit à ne plus preflTer Jes attaques avec lant d ardeur , perfuadé que dans peu la néceflîté les contraindroit de fe ren- dre. 11 avoir d'ailleurs une armée trop foible pour emporter par un allàut général une ville que défen-, doit un peuple aufB nombreux que brave. Ce peuple devenu guerrier par zèle , & par l'horreur que lui infpiroit un joug étranger , s'exci- roit lui-même à de nouveaux efforts, toujours flatté par l'efpoir d'un fecours prochain , tant promis à fes députés. Se dont il étoit digne. L^ famine rendoit jour en jour cette affilknce plus néceflaire. On Êdt monter à cinquante mille le liombre de$ habitant qui périrent

zi Histoire de FnANCfe. /pendatiit «e ficgie.. DoiBse mille per- A»v. tiiB. fonnes des deux fexes fôrtirent de la ville comme bouches inutiles , efpérant patfer à travers le OLtnp des affiéeeans. Ils furent impitoyable- ment repoudes juiqu aux roiies qui bordoient les remparts, ils de- meurèrent expofés à toutes les in- jures de l'air , aisx horreurs de la feim , de la foif , aux traits des en- nemis & de leurs propres compa- triotes. Par un étrange effet de bar- barie & de piété on tiroir dans des corbeilles du haut des murailles les enfans nouveaux nés des malheu- reufes qui venoient d'accoucher dans les fofles : on leur adminiftroit la baptême : on rendoit enfuite par k même voie ces innocentes viiâimies à leurs m^eres exprances , comme fi l'on eut appréhendé que leur fé;our n'eut augmenté la difette de la ville ^ Ton fe difputoit , l'on s'arrachoit les moindres portions 6e$ plus vils alimens. Tous les expédiées fimeftes que la faim peut imaginer pour s'afïbuvir ou le faire illu(ion étoient épuifëst On ne parloir point encore de fe rendre*

CRAÏltES VI. aj

Six députés ayant trompé la yigi-

iaace des affiégeans fe rendirent i j^», 1411. Paris. Ils firent une expofition fi ï)é»utatio» touchante de laf&eufe ntuation deaeVoîcal*^ leurs concitoyens , <}ue le parlement ^**^- nomma des magiftrats de fon corps pour aller avec 'eux faire de nou- velles inftances auprès du roi & dit duc de Bourgogne. Tris - txçtlUnt frime , dit l'un d'eux , en s adref- fant au monarque , il mtfi enjoint par ks habitons de la ville de Rouen^ i crier contre vous , & au£i contre, vous y (ire de Bourgogne , qid ave^ k goiiverncment du roi & de fort royaume^ le grand harou , lefml- fignifie topprej/ion quils ont des Ân^ glois ; & vous mandent par moi > qtu y2 faute de votre fecours , il convient ftUsfoientfuJets au roi d^ Angleterre^ vous n*auretj^ en tout le monde pires tntumis qu'eux ; & S* ils peuvent , ils duruiront vous ù votre génération. Le duc afFeâbant devant les députés une fenfibilité qu'il n'éprouvoit pas , re- nouvella fes promeflès , leur doniwi & parole d'honneur de marcher in- ceffamment en perfonne contre les Anglois. On avpit public l'arriere- lun : de nouveaux ordres de prea^

14 Histoire de France. \ dre les armes furent annoncés dans

AifN. 1418. les provinces : la cour sVvança jof- qu à Beauvais , le rendez-vous des troupes étoit indiqué. Enfin ces fecours tant vantés & n fouvent pro- mis y fe réduisirent à faire attaquer larmée Angloife par un détache- ment de dix-huit cens hommes qui furent repoufïes avec perte.

litnu Htd. Les haoitans de Rouen toutefois lie perdoient pas courage , ils étoient excités principalement par Alain Blanchard , le même qui avoir pré- cédemment foulevé la ville contre Gaucourt : ce chef du peuple étoit devenu un héros. Us entreprirent , fous fa conduite , de faire une fortie au nombre de dix mille : déjà une partie avoit pénétré jufquau camp ennemi , lorlque le pont , dont le

{)erfide gouverneur avoit fait fcier es foutiens > s'abîma dans le fieuvHî avec tous ceux qui fe trouvèrent delTus ; les autres furent obligés de rentrer dans la ville, en frémiflànt contre le lâche qui les trahidbit.. Les Rouennoisau défefpoir envoyèrent pour la dernière fois fommer le roi de les fecourir , ou de les tenir pour dégagés de leurs fermens de fidélité.

Le

C H AK L t S V L ' 15

ie duc de Bourgogne promit ; pofî- ' xivement que ramrée françoife A^t0K feroit renclue fous fes . murs de Aouen le lendemain des fêtes de ficHâ* Au ;joifr indiqué il cnanda *^pie :v« riînpaflH>ilité4ie /ecourirja jrille ;, .on &t avec ler'ixH d'Angler terre la éapitâlatioh laîiI)lès-àvailtar ■geufe que peritiettroit.la çosklçriC" -ture actuelle. H fallut céi^t à la néœflîté. ' : , :. '

-; HeQri:exkea d'abord que les air R^daâloi Hi^és fe ren£ireîxeà difçriripn. Vnf ^•*^^'**^ :loi dure paf ut aux liabitaiis plus infupporcable que la more j même : ibus firent vœu de périr: lès armes à la main en faiiànt une fortie géné- rale 9 après avoir mis le feu dans tous les quartiers de la ville. Le roi ^'^ *^ AftgleteiEre i^t^it par le gouvetr parc j, pcgc Lueur de cette réfolution délefoérée **• îconfentit à traitfer,..On îrappella les î<léputés. Les articles :de la capitiila- tioh furent rédigés. Us cometioient en fubftaoce que la garnifon fisrciroit déikrmée^ qae les habitans paye- roieiit en deux termes une coîitri- bution trois cens mille écus,; <^uils lui prctetoient ferment de jbdéiité comme leur fouverainj Tomû Xir. B

1^ Histoire de France.' qu'ils jouiroient de tous les privî- 4»iHf Hi«- léges qui leur xvoienc été accordés » tant par les lois d'Angleterre , ducs de Normandie , que par les rois de France , ^ufqu'à Philippe de Valois; ic qu'0n ^retsi&axoit m fon pàuvoic tm petit nombre de âtoyefis , parmi i^qiiels étqit 'A\um Abnchard. Qss ^iûmi^ê publiques iftéchirent le mo}- jnapquel tbrce d'argent ; le ieol Bkanr chard le trouva inexorable. Son cou- t^ô, qui aurok d& le Êdre ref- |)e3ter, fiit ce qui le perdit. On «appréhendait ^0*11 n*excitât quelqine •nouveau timiulte. On eut dit que ies Anglbrs :n'ofbiem s'affiirer de h |>aiifîble podeffion de leur conquête iàns ordonner fon fupplke. 11 mou- irot avec une confiance héroïque , qui ^itt faire rougir le 'Vainqueur. Cette xruauté partiolliere , quelque foxt ie motif qui l'ait iliâ^ , eft Uns douce condamnable; mais les hiftoriens ^ui l'ont rapportée autoient du éga- lement nous tranfmettre un trait de ^uftice qui fait honneur à Phuma- nité du conquérant. Il fut :ôipulc par un des articles de la capitula- tion ^ que ces malheureux d:)andoD^ ^ dans Içs folles rentrerpient , 8c

Cn A n i is* Vî. 17

feroîent nourris pendant une année

4IUX dépens de leurs ^concitoyens. Ahk. 141t. Aiim Rouen retomba fous la do-' iiem.ihid» minacion Angioife , deux cens quinze années après la confiscation^ fuivie de la coni^^é de ^étte placé ^ 8c de la province dont elle eft la capi- tale , fous les règnes de Philippe Augufte & de Jean fans terre. Hen- ri V y fit fon entrée le «9 janvier de cette année *. Pat une bizarrerie affez finguliere il fe fit fuivre par ^inpage portant une lance, à laquef* une Gueue de renard écoit fuf- pendue. Il voulait probablement faire entendre par cett^ fingularité , qu'il ne devoit pas moins la réduâion de la ville à des manoeuvres fecrettes^ quà la valeur de fes troupes. Il ache- va de confirmer Cette opinion , en confiant , fous le duc de Gloceftre fon frère , le gouvernement de fa nouvelle conquête au perfide Bou- teiJler, devenu l'objet de Texécra-

^"Un des ;ircicles dft la capitulation portoît ^ae KS chaînes attachées dans les mes Teroient enlevées $ <e ^ prouve 4UC ^ct^ uiàgc fe ptadquoit non-Ceule* 2<cQt4aaspads, n^is diuispiafîeucs^andes villes . w.roy^me. Ufl des premiers ii^s it fouveraincté ^«wcés par Hewi dans Roii^ , fiit de faire frapper ^ monnole avec cetKckdfcription : H£NM ROI ^ FKJkNCB. kymer aa* iuU. tpm. ^foru 5.

3ij

tion des François & du mépris des ArtH. 1418., Anglois, A quelque çems de Henri voulut enjcore donner 4. ce iaçhe une preuve plus fçnfible d^ fa 'prote^îon ea luifaif^ntépoufer la veuve di| feignear de la Roche-Çuyon. Cettç ctanie , fille du feigneur 4e la I^i^ vi^re , rejetta çerte alliance avec horreur , aimapt -mieux fe vpir pri- vée d0 tous fes biens , que de par- tager rignominie d'un homme des-- hon^ré. NouvcUcs*\La prife de Rouen entraîna U ror'^d Ang^ réduftion du petit nombre des pla- tctte. , ces de la province , qui n'avôient ^ pas encore fubi le joug. La feule

fortereffe de Château-Gaillard , fî- tuée fur la Seine , prçs d^s Andelis , eut rhonneur de tenir feize niois, La garnifon , commandée par MaU' ny , ne fe rendit qu a la dernierç extrémité » Iqrfque les cordes donc elle fe feryoit pour puifer de l'eau lui manquèrent abfolument. Peu dq tems avant qu'on fut inftruit à Paris ' de la capitulation de Rouen , le parlement . avoir député des magif- trats pour . prefler de npuveau le départ du fecours promis par le due de Bourgogne ;' il répondit ffoidçr

C ft A R t E s V 1- i^

ment ftCon avoit ptAlié Carrière- ban ^ ' ' "" auquel le ptupU avoit pedttment obéi ; Ann. i4i«. qui la plus grande partie des nobles ^'^/^«^ ^*' du royaume avoit délaijî a faite aide (ffecourÈ au roi en cette befogne ^par quoi il n* avoit pu fauvet la ville de Koueû comme il entendait. Il felluc fe contenter de cette réponfe j & prince congédia la plus grande jiac* rie des gens de gaerfe, comme s'il eût jugé qu'ils fuffent' inutiles à la défenfe de 4'état , àu'il paraiflbit avoir entièrement oubliée.

Cependant l'approche des Angloîs j— ^ confternoit la capitale , la difetté Anh. 1419. des vivres avoit fuccédé aux maffa- AiUrmc dcM çtes & à la contagion. Le cours de S'î^i!: ia Seine , tant inférieur que fiipé- * Provins, rieur , occupé par les ennemis & P^f la garnifon de Melun , qui te- Jioit le parti du dauphin , avoit in- tercepté la communicarion. Les Parf- fiens fupplierent le roi de venir les i'afljifer par h. préfence , ou dtf j^oins , s'il étoit encore retemi par lappréhenfioh de l'épidémie , de s avancer jufqu'à faint I>enis. Le duc «c Bourgogne répondit que la cour retourneroit à Paris ïovfqne ville Regiflresài firoit fLpfammm avitailiét:, qu'en ''^''™'"-

B iij

50 Histoire dc Francs. j attendant le roi alloit à Provins dans^ ajw. 141^ l'intention de -lever des troupes ^ (on venoit de\ ikemier celles qui ctoient à Beauvais) & detre plus à portée de traiter avec le (îauphin* Le duc ajouta <ja'il employeroit tous les moyens qui dépendroient<ielui pourparv^nir à un accommodement.^ Il offrit de plus de prêter deux cens* mille firancs au roi pour les^ frais do^ pufi!Tomf^\^ g^^P^- Les dépurés du dauphiii /or/.j, «fFedtivement négocioi^t en même* tems avec les Anglois à Âlençon ^ 8c avec les Bourguignons à Mon- cerau s tandis^que ceux-ci traitoienr également avec lui & av€c le roi d'Angleterre. Un héraut vint préfen- ter une lettre du dauphin , adrefTéè au parlement. La cour y fans approu^ ver la qualité de régent que le prince s'attribuoit dans cet écrit , l'exhorta, vivement i fe prêter au projet de réunion :. elle n'employa pas des>foU iicitations moins, pttilantes auprèis. du roi &c du duc j mais toutes ces démarches furent pour lors inutiles. Le duc de Bretagne fe rendit à Rouen pour proroger la trêve avec: Henri : il fit encore quelques tenta- tives pour U paix générale , défe£*

.Ch à R t ES Vif JI

pérant d'y réuflîr , il revint; en ?re- tagne, la feule province du royauniç Aiui<ï4«^ qui fut exempte des horreurs de la guerre^ Le dauphin parut quelque tems .''^^«"ffc

J'r rt \ y J 1 : le dauphin fie

mlpole a s accommoder avec le roi jc roi d*An- d'Angleterre : il y eut même une B^^j"^- ^ trêve entreux pour les provinces ;,ttî^ro«. 4. fituées entre la Seine & la Loire jJ'^- J- mais cette fufpenfion ne fut pas lon- gue. Les deux princes dévoient avoir» une entrevue ^ le dai^hin y manqua^ les hoftiiirés recommencèrent. Henri affeftant de paroîtteindécisaUquèl des deux partis il a^corderoir Ikvantagje de fon alliance , avariçoit toujours fes conquêtes» H venoit d'achever celle du Vexin j,ufquU Ntantes Ôc Meulan. Charles VI 8c le duc de Bourgogne étoienc pour lors à Troyes. > i :

Soit que le duc de Bourgogne ne conférenct cotifervât plus d'efpoir de faire k «le mcuUu >aix avec le dauphin y foit qu il vou- pubL tom. 4* ôt feulement l'intimider , il renoua i'I'''- 5.

1- / t A 1 Reg, dupât'*

la négociation avec les Anglois , lantnu dont les députés s'étoient rendus k ^f^^^^ Troyes chargés de nouvelles propo- Chron,&c* fitions. Il ftt arrêté que les deux. , ïois fe trottVeroient entre Meulan^

Biv

}t Histoire ©e'Francï. ,ôc Ppntoiie/'Oîi &t fçavoir cette

AHN.i4f^ r€foliitii3n au daupfam: il fut invité de s'y rendre , ou d'y envoyer des: députés chargés d'accéder en fon nom au traité qu'on fe propofoic d'y conclure» Le tifFu de ces négo- ciations enchaînées les: unes aux au» très , Se fe croifantfanscefEe , forme •un labyrinthe